Quelle Histoire !

L’origine de Tourris se perd dans la nuit des temps. Au plus loin que les papiers s’en souviennent, certains parlent de 1084, d’une bulle du pape Grégoire VII, d’autres d’une mention du « castrum de Turriz » dans la liste des localités du diocèse de Toulon en 1232.

Le vieux Tourris, qui couronne la colline dominant l’actuel château, était peut-être un poste romain, fortifié après la conquête de la Gaule par César : on y a trouvé des débris de tuiles de l’époque et une citerne à l’ouest de l’enceinte semblant aussi de facture romaine. 

L’existence du village fortifié du Vieux Tourris (aujourd’hui appelé Vieille-Valette, bien qu’essentiellement sur la commune du Revest) est avérée par des documents écrits à partir de 1084. Et l’on estime qu’il sera abandonné vers 1360, une fois passée la terrible période des invasions

Le Fief de Tourris

On ne trouve trace d’une seigneurie de Tourris qu’en 1287 avec une transaction de Reforciat de Trets, seigneur de Tourris. Ce qui ne signifie pas que Reforciat réside sur place dans un château, seulement qu’il détient les terres de Tourris et que Tourris est l’un de ses titres. Tourris entre alors une première fois dans le giron de la maison noble des Marseille Vintimille. Et il va changer de titulaire par succession, mariage, vente, échange selon des modalités que nous ne pouvons souvent que déduire. 

Donc en 1287, il y a un Seigneur de Tourris et il se nomme Reforciat Gaufridet  de Marseille Trets.

Son héritière, sa fille Sibylle de Marseille Trets, épouse en 1280 Raymond du Revest. Après leur mort vers 1316, leur fille Marguerite de la Roche du Revest l’apporte en dot à Raymond II de Montauban (†1371). La seigneurie de Tourris passe ensuite à leur fils Reynaud de Montauban († 1385) puis à la génération suivante : Raymond III de Montauban, époux d’Isabelle de Simiane. Enfin à Elzéar de Montauban. Dans les textes de l’époque le nom de cette famille s’écrit aussi Montalban, Montanban, Montalbano, parfois Monte Albano. Tous les écrits sont en latin.

Elzéar est un peu avant 1432 seigneur du Revest, de la Valdardenne et de Tourris et il cède (mais c’était plutôt un échange) ces trois fiefs à Bertrand V de Vintimille, des vicomtes de Marseille.

Le 21 décembre 1437, Jean d’Armand de Garcinière fait hommage de ses terres du Revest, de Tourris et de la Val d’Ardenne, au comte de Provence. C’est-à-dire qu’il s’engage solennellement auprès de son supérieur dans la hiérarchie féodale (le comte de Provence) à remplir les devoirs et services en compensation de ce qu’il a reçu, soit la concession immobilière d’usufruit des trois fiefs.

Entre 1432 et 1437, que s’est-il passé ?  Et entre 1437 et 1447 ?

En 1447, Tourris était au seigneur d’Ollioules, donc à la maison des Marseille Vintimille. On sait ensuite que c’est Melchior, arrière-petit-fils de Bertrand V de Vintimille qui échangera le fief de Tourris avec Jean de Chautard en 1550.

Jean de Chautard donne le fief à sa fille Catherine en 1551 au moment où elle se marie avec Louis de Nas et le domaine de Tourris va rester jusqu’en 1785 dans la famille de Nas qui le cède alors au négociant toulonnais Joseph Aguillon. Depuis lors, on connaît bien pour Tourris tous les seigneurs (avant la Révolution) et les propriétaires (après).

Consistance du Domaine De Tourris

Quelle est donc l’étendue du domaine de Tourris ? Nous n’avons pas toutes les données.
– Gabriel Domenech parle de 1500 ha au XVIe siècle
– Le projet de vente aux enchères de 1822 porte sur 1899 ha
– Les actes de vente de 1824 et 1833 concernent 1040 ha
– Vente de 1861 : 1025 ha
– Vente de 1879 : 1055 ha
– Vente de 1952 : 45 ha
– Vente de 1998 : 92 ha

Le village médiéval fortifié du Haut-Tourris est abandonné vers 1360. Aussi quand en 1395, on évoque un château de Tourris, il devait s’agir d’une grosse bastide élevée dans la plaine.

Les consuls de Toulon désignèrent « les Nobles Vincent et Antoine et Messires Antoine et Jacob » pour qu’ils se rendent auprès du sénéchal et du Conseil Général pour régler au mieux «la paix qui doit avoir lieu entre la ville et les châteaux de Tourris et du Revest…».

En 1536, les terres de Tourris ont été ravagées par des razzias et tout y est détruit lors du « recensement général des lieux, villages et châteaux inhabités » ordonné en 1540 par un arrêt du Parlement de Provence et établi par Louis Burle, membre de la Cour des Comptes, désigné pour visiter la région de Toulon. 

Le jeudi vingt-deuxième du mois de juillet de l’an 1540, je me suis fait transporter au lieu de Tourris, auquel lieu je n’ai trouvé personne, preuve qu’il n’est pas habité, et me suis retiré au Revest, proche dudit lieu, et là, dans la maison d’un particulier dudit lieu, ai fait appeler Hugues Vidal, syndic dudit Revest, Jehan Dartigue, Hugues Hermitte et Pierre Vidal, lesquels interrogés par moi pour savoir en quel lieu se trouvait le Château de Tourris et quelles maisons il y a et quelles charges ont, ont dit que le terroir de Tourris est possédé tant par les hommes du Revest que par ceux de La Valette, qu’au dit lieu, il n’y a ni maisons ni châteaux, car tout est détruit, qu’il y a des bastidons pour la remise des hommes quand ils vont travailler.

Quant aux charges, ils payent la tasque (=droit sur les fruits et légumes) au Seigneur de Tourris et un onzième sur les blés et autres, et une dîme d’un treizième au Chapitre de Toulon, ils n’ont pas d’autres charges. Quant aux commodités, ils ont dit que le terroir est bon, qu’il y a des pasturages auxquels les hommes du Revest, de La Valette, de La Garde et de Toulon ont droit.

Ces inventaires, recensements, livres terriers et autres matrices cadastrales n’ont qu’un objectif fiscal.

En 1540, il y a donc un seigneur de Tourris, mais aucun résident permanent, même pas le seigneur. Tourris est désert, même si des paysans des villages voisins viennent y travailler la terre et faire paître leurs troupeaux. De ce désert qui n’est pourtant pas sans ressource, la famille de Nas va, en moins d’un demi-siècle, faire un domaine agricole immense, riche et repeuplé, et elle va résider pendant 235 ans dans ce nouveau château (avec sa chapelle) qui sera encore rénové et agrandi au début du XVIIIe siècle. Voilà comment Gabriel Domenech raconte en 1975 le passé du domaine de Tourris :

Car le passé fut extraordinaire. Bien longtemps avant que Toulon ne soit Toulon, alors que La Garde et Hyères étaient encore des marais, des hommes vivaient là. Et les archives rappellent qu’il y a moins de quatre siècles (nous sommes en 1975), il y avait encore une propriété de 1 285 hectares, 5 000 mûriers, une magnanerie importante, et des oliviers en telle quantité qu’on pouvait en tirer 42 000 litres d’huile … qui furent livrés, telle année, à Tarascon, Avignon et Châteauneuf-du-Pape. Le voyage dura vingt et un jours !

C’était donc un domaine immense, qui put occuper jusqu’à 1900 hectares, selon les époques, répartis entre les communautés du Revest, de La Valette et de Solliès-la-Ville, selon l’ancien nom. Soit 20 fois plus que le domaine actuel. Si vaste que sa gestion généra des soucis financiers à plusieurs de ses propriétaires.

Jean-Baptiste de Nas de Tourris à la fin du XVIIIe siècle était sans doute bon capitaine, mais piètre gestionnaire. Pour renflouer ses finances, il avait commencé depuis 1779 à vendre Tourris pièce par pièce quand ses fils, voulant arrêter l’hémorragie, ont contraint leur père en 1783 à leur céder ce qui restait du domaine au titre du remploi de la dot de leur mère.

En 1785, les fils de Nas de Tourris cèdent ce qui reste du domaine à Joseph Aguillon, industriel et négociant, réservant à leur famille le port du nom de « Tourris » qui jusqu’à présent était attaché au domaine. Les deux frères de Nas de Tourris vont bientôt quitter la métropole et faire souche tous deux dans l’océan indien.

Joseph Aguillon avait commencé à reconstituer l’ancien domaine de Tourris par trois autres acquisitions entre 1785 et 1788.

Le fils de Joseph, Pierre complète de 1809 à 1819 la reconstitution du domaine par l’achat de douze anciennes parcelles de Tourris sur les trois communes du Revest, de La Valette et de Solliès-Ville (celles dispersées pendant 20 ans par Jean-Baptiste de Nas) et quand il héritera de son père en 1824, il aura reconstitué Tourris dans toute son étendue et son unité d’autrefois.

Lors de la Révolution, la seigneurie de Tourris avait été abolie, le fief supprimé, les terres réparties entre les communes du Revest et de La Valette. Les biens immobiliers ont été remis à ceux qui les exploitaient. Il en fut ainsi pour La Ripelle : cette partie du fief de Tourris était depuis des siècles donnée en location par bail emphytéotique, bail qui pouvait se vendre. Ses locataires, malgré leur statut d’émigré, en recouvrèrent la jouissance et donc la propriété vers 1808. Mais avec l’abolition des privilèges, les propriétaires de Tourris avaient perdu le droit d’en percevoir le loyer. L’organisation féodale avait cédé la place à un système de propriétaires terriens, sans plus aucune relation hiérarchique.

Mais un mystère demeure. Joseph Aguillon, fut avec de nombreux membres de sa famille, sur la liste des émigrés de Toulon pendant la Révolution. Mais il revient assez vite et nous n’avons pas trouvé à ce jour de preuve de nationalisation de Tourris au titre de bien d’émigré ni d’une procédure légale par laquelle il aurait pu recouvrer la propriété de Tourris après son retour d’émigration. On a vu que son fils Pierre passa onze ans à racheter des parcelles pour compléter le domaine tel qu’il était avant que Jean-Baptiste de Nas ne l’émiette. Mais on trouve trace en 1822, soit avant le décès de Joseph, d’un projet de vente aux enchères de « l’ancienne seigneurie de Tourris » avec une contenance de 1899 hectares.

Quand Pierre Aguillon vend Tourris début 1824 après la mort de son père, à Louis Teissier, un négociant de Marseille, l’acte de vente porte sur 1040 hectares sur les 3 communes du Revest, de La Valette et de Solliès-Ville.  D’où vient la différence avec les 1899 hectares du projet de vente de 1822 ? La Ripelle peut-être ? Et les autres biens loués sous l’ancien régime ?

Louis Teissier crée la verrerie en 1826. Puis il fait de mauvaises affaires et Tourris est vendu aux enchères en 1833 à la demande de ses créanciers (1040 hectares). Les nouveaux acquéreurs de cette « propriété rurale » vont la conserver 28 ans, aux termes desquels, Émile Teissier rachète l’ancien domaine de son père, le rénove, enfin, du moins la chapelle, pour ce qu’on en sait. On en est toujours à 1040 ha, mais l’acte de vente est pour sa description quasi un copier-coller de celui de 1833.

Fin 1879, Henriette de Gasquet achète aux héritiers Teissier cette grande « propriété rurale » de 1055 ha sur les trois communes du Revest, de La Valette et de Solliès-Ville. L’acte de vente la décrit ainsi :

Un grand corps de bâtisse, flanqué de deux tourelles appelé le Château de Tourris avec allée de platanes et jardin clos de murs. Divers bâtiments entourant le château et renfermant les caves, celliers, écuries, greniers à foin, des logements de paysans et d’une chapelle fort ancienne et vénérée. Bâtiments d’habitation et d’exploitation pour les cultivateurs, et en dehors, de divers corps de logis servant de logements aux ouvriers employés à l’exploitation du domaine. Il y a également de vastes bâtisses ayant servi autrefois de verreries et de goudronneries. Terres cultes et incultes, terres fermables, puits artificiels. Jardins, vignes, oliviers, arbres fruitiers, fontaines, bassins, réservoir et citerne. Bois de pins, chênes verts, chênes blancs, chênes à liège. Carrières de sable propres à la fabrication de verre et carrières de pierre.

Entre 1880 et 1950, Henriette de Gasquet, puis son fils Guy vont exploiter le domaine et faire travailler 50 à 100 personnes selon l’époque : agriculture, bois, carrières. La verrerie avait depuis longtemps cessé toute activité, bien avant 1860 quand George Sand y passa.

En 1952, Guy vend à la société Formétal 45 hectares, tout sur Le Revest, terrain détaché d’une plus grande propriété. Cinq ans auparavant, il avait déjà vendu les 11 hectares de La Chaberte, sur la commune de La Valette, à Toussaint Hermitte. Et 28 hectares entre les Bouisses et les Olivières à Henri de Mostuéjouls. Nous supposons que le reste du grand domaine a été exproprié au bénéfice de la Marine Nationale pour installer la pyrotechnie de Tourris, mais nous n’avons pu en trouver trace, ce doit être classé secret défense…

En 1998, la société Formétal, en difficultés financières, avait déjà été rachetée par ses salariés qui décident de se séparer des biens non professionnels. Tourris en fait partie et va être vendu aux enchères à René Gillet, un entrepreneur parisien qui va prendre à cœur de rénover tout le domaine, tant les pierres que les terres. Le château et la chapelle ont retrouvé aujourd’hui le prestige d’antan. Comme dans les temps anciens, les oliviers et les vignes replantés contribuent à la richesse et à la renommée du Domaine de Tourris.

Tourris, peuplé de légendes, de fantômes et du souvenir des héros

La dame blanche et le berger de Tourris

L’histoire de Béatrix débute vers la moitié du 16e siècle. Fille d’un seigneur de Tourris, Béatrix aimait passionnément le pastre de la Vieille Valette. Un amour impossible ! Aussi dut-elle entrer au couvent, chez les nonnes de l’Almanarre.

Mais quand Barberousse  débarque à Carqueiranne, le berger de la Vieille Valette, pensant Béatrix en danger, se précipite à son secours et en chemin se fait massacrer par les pirates. On raconte que, depuis, Béatrix hante les hauteurs de la Vieille Valette, cherchant éperdument celui qu’elle continua d’aimer bien après sa propre mort … Certains l’ont vue encore il y a 3 ou 4 décennies parcourir la colline. Ah ! la légende de la Dame Blanche … Grimpez vers les ruines du village médiéval, peut-être la croiserez-vous. Mais il faut y croire pour la voir.

Le Capitaine de Nas

Jean-Baptiste de Nas, premier du nom, avait fait construire un vrai château au moment de son mariage en 1568. Et la chapelle aussi. Il mourra à 32 ans à la guerre des Flandres, quand Henri III était roi de France. Il était capitaine de cavalerie. Tous ses descendants seigneurs de Tourris ont fait carrière comme officiers au service du roi de France, dans la cavalerie, puis en plus grand nombre dans la Royale.

Gaspard de Besse

Une des grottes au pied de la falaise, connue pour son habitat préhistorique, est appelée aussi Trou de Gaspard. Car le brigand Gaspard de Besse y aurait trouvé refuge. Certes, moult villages de Provence ont aussi leur Trou de Gaspard, autant que de Fontaines de la reine Jeanne ou de Châteaux du Roi René … Mais quand on se souvient que Gaspard fut arrêté tout près, à La Valette, que l’un des trois hameaux de Tourris est celui des Bouisses, du nom d’une famille qui vivait là et que Gaspard de Besse était en réalité Gaspard Bouisse… et bien, vous en conclurez ce que vous voulez…

Jean Baudisserre

Jean-Louis Baudisserre était l’aubergiste de Tourris. Il avait repris l’auberge Saint-Jean, qui se trouvait face à la verrerie, à l’entrée de l’actuel terrain militaire et qui avait été tenue avant-guerre par Justin de Mostuejouls, avant qu’il ne devienne intendant de Tourris, du temps de Monsieur de Gasquet.

Jean Baudisserre était réputé pour son épaisse moustache, qui l’avait fait surnommer le Gaulois, pour son sourire ensoleillé, sa gouaille provençale et son excellente cuisine. Réalisée et servie dans l’endroit le plus crade qu’on ait pu imaginer…

La famille de Jean était revestoise depuis les années 1800, il était allié aux Mostuéjouls et aux Alziary de La Ripelle, dont il épousa successivement deux sœurs.

Fine la bergère

Joséphine Guigou, la bergère de Tourris,
 était surtout connue pour son mauvais caractère et sa propension à menacer les passants de son fusil. C’est qu’elle prenait son emploi à cœur : elle avait été embauchée dans les années 1950 par la société Formétal comme gardienne de Tourris. Elle se logeait dans les communs du château et faisait paître ses moutons sur le domaine, contribuant ainsi au débroussaillement.

Son passé glorieux de résistante faisait accepter les excentricités de Fine, et avait même contribué à la mansuétude de la Cour d’assise après qu’elle ait tué son voisin de son célèbre fusil.

Le loup solitaire de Tourris

On raconte qu’un solitaire a étendu son territoire jusqu’à l’escarpement du Vieux-Tourris. Certains prétendent que ce n’est qu’une légende, une histoire pour faire peur aux enfants. Les brebis qui l’ont rencontré ne pourront plus porter la contradiction.  Elles l’ont bien vu et ne sont pas revenues…

Vous êtes sûrs que vous voulez toujours grimper au Vieux Tourris ?

Les mystères du domaine de Tourris…

Parmi tous les mystères qui habitent le domaine de Tourris, voici une sélection proposée à la sagacité des fins limiers.

 

Le pigeonnier carré

Il n’en reste que deux hauts pans de murs un peu écroulés et quelques carreaux de faïence tout en haut. Voilà à quoi il aurait pu ressembler (Source : Wikimedia Commons)

Nous savons que c’était un pigeonnier, puisqu’il était cadastré comme tel en 1828. Les pigeonniers et colombiers de Provence sont plutôt ronds. Les plus importants, comme à Tourris présentent cette architecture en carré, ce qui révèle qu’il était associé à une grande surface de culture céréalière.

La glacière

Cette construction de pierres ronde qui sert de réservoir aujourd’hui était de toute évidence une glacière, dont il manquerait juste le toit, semblable à celle de Pivot, à la Sainte-Baume : on y fabriquait de la glace en hiver pour être ensuite découpée en pains et acheminée de nuit vers les villes de Marseille et Toulon.

Mais où sont donc les prés de collecte en amont de la construction ? Et au cœur de l’hiver, en sous-sol, la température est de 13° en permanence. Beaucoup trop élevée pour la fabrication et la conservation de longue durée.

Peut-être que notre glacière de Tourris était un entrepôt intermédiaire entre les places de fabrication de la glace dans l’arrière-pays et les clients de la ville de Toulon ? Les chemins de la glace passaient en effet par le haut du Revest entre les glacières de la Sainte-Baume et la ville de Toulon.

 

Le chemin de l’eau

L’eau est un grand mystère à Tourris. Actuellement les plantations sont irriguées à partir de la source de La Ripelle qui fait partie du domaine. Mais il n’en a pas toujours été ainsi et pourtant les descriptions des XIXe et XXe siècles dépeignent le domaine comme luxuriant, avec des bassins et des fontaines d’eau pure, des ruisseaux, des réservoirs … D’où venait l’eau ?

 

On trouve bien aujourd’hui un bassin aussi grand que celui du château de La Ripelle, où aboutit un caniveau de pierre qui serpente au flanc de la colline. Un tunnel qui ressemble à une mine d’eau. Des puits qui donnent un peu, aux Bouisses ou le long du chemin communal. Le réservoir du Goudron qui n’est en eau que si l’on y pompe l’eau de La Ripelle pour le remplir …

 

Le vieux cimetière seigneurial

Le vieux cimetière mesurait 8 m sur 8. Il était entouré de murs et son entrée fermée par une grille, surmontée d’une croix de métal. On le voit bien cadastré en 1828. Et il était encore décrit dans une publication de 1938. Les tombes des vieux seigneurs avaient été dérangées pendant la Révolution et au cours du XIXe siècle leurs restes avaient été déplacés respectueusement dans une autre terre sainte. Mais où était donc cet antique cimetière, dont il ne doit rester aujourd’hui que quelques pierres sous la broussaille ?

LE BLASON SUR LES ÉCURIES

Il est souvent présenté comme celui de la famille de Nas. Mais toutes les  armoiries des Nas de Tourris comportent un lion. 

 

Or, le blason des écuries n’en contient pas…

Alors, d’où vient le blason des écuries ? Peut-être des Aguillon dont un représentant avait, selon l’Armorial d’Hozier, un schéma approchant…

Texte écrit par Katryne, Marie-Hélène et Cécile, bénévoles de l’Association des Amis du Vieux Revest.